Comment t'atteindre Serendipity ?

La sérendipité décrit une situation dans laquelle on cherche quelque chose pour finalement aboutir à autre chose, de manière fortuite.

Les exemples qui viennent immédiatement à l’esprit concernent l’innovation et la création artistique mais est-ce que la définition s’arrête là ?

Eurêka business

Le marketing intègre le concept de sérendipité.

Ainsi certaines campagnes peuvent s’affranchir des approches segmentées, ciblées, et personnalisées pour laisser place à l’inédit.

À l’heure où tout serait plus ou moins dicté par les algorithmes, la sérendipité donnerait un second souffle (ou un meilleur départ) à des projets corporate jusqu’ici enfermés dans leurs boucles et voués à l’échec.

La culture d’entreprise peut également mettre en place des dispositifs pour encourager le partage de connaissances et les échanges libres.

Le fameux brainstorming d’Alex Osborn fait explicitement référence à la sérendipité.

Penser dans la boîte

Le concept est même employé dans le développement personnel pour décrire un bon mindset.

Dans ce cas, il s’agit d’un état d’esprit, d’une disponibilité intellectuelle qui va permettre d’être à l’écoute des opportunités cachées hors de la zone de confort.

Cela fait forcément partie du processus mais c’est une vision peut-être un peu réductrice.

Reconnaître un schéma et “shifter”

C’est moins l’étymologie (cf. Serendip, cf. l’ancien nom du Sri Lanka, littéralement “terre bénie des Dieux”) que l’aspect ésotérique du terme qui m’intéresse ici.

Les patterns, qu’on peut traduire par “schémas” en français, sont activement recherchés par les créateurs, les entrepreneurs et les scientifiques car ils donnent souvent la clé du succès ou ils permettent d’expliquer un phénomène jusqu’ici insaisissable.

En discutant avec différentes personnes de différents milieux ou en faisant des recherches qui n’ont rien à voir, on peut parfois identifier un besoin récurrent qui, même s’il paraît évident, avait pourtant échappé à la plupart des gens.

Appliqué à l’entreprise, notamment dans la tech, le concept rejoint les initiatives de R&D où bien souvent on exploite une fonctionnalité, ajoutée un peu par hasard pour satisfaire l’idée de départ et qui trouve une vocation complètement inattendue.

Parfois, il s’agit tout simplement d’un nouvel usage pour une technologie déjà existante.

Peut-on en forcer les conditions ?

Même s’ils n’emploient pas le terme, les créateurs (notamment les artistes) aspirent à la sérendipité.

A posteriori, ils attribuent une partie du succès de leurs œuvres aux conditions dans lesquelles elles ont été créées, à savoir une série étonnante de hasards ou de changements de cap, ou encore des lieux ou des heures improbables.

Le seul hic est qu’il n’existe pas de recette facilement réplicable, pas de science.

Pour autant, les scientifiques intègrent bien cette démarche donc on ne peut pas réduire le principe à de simples bonnes dispositions psychologiques ou se contenter d’explications basées sur le destin.

Il y a bien une forme de raisonnement qui se sert de l’imprévu pour aboutir à des découvertes concrètes, là où on ne pourrait ni déduire ni induire quoi que ce soit.

D’après mes lectures, il vaut mieux essayer de reconnaître les moments de sérendipité plutôt que de forcer les choses avec tel ou tel paramètre incertain.

En somme, on peut créer des conditions favorables mais pas en faire un système puisque ces moments sont censés découler de combinaisons inconnues.

Concept riche ou vague idée ?

La sérendipité aide à penser plein d’aspects de la création et de la vie des organisations.

Elle formalise certaines intuitions et incite à prendre conscience des moments où les bonds les plus inattendus se produisent.

On peut même la relier à la culture du risque, pas vraiment en vogue, mais qui est pourtant nécessaire à l’innovation.

Quelques références